Bergerac, quartier de La Catte, 2021. Une semaine pour peindre le vivre-ensemble.
Le Centre Social de La Brunetière m'appelle avec un thème simple à énoncer, plus complexe à peindre : le vivre-ensemble intergénérationnel et multiculturel du quartier. La Catte, c'est exactement ça au quotidien — plusieurs générations, plusieurs cultures, qui se croisent dans les mêmes halls, les mêmes rues.
Le projet est né d'une réunion entre Mésolia, le bailleur social du quartier (21 000 logements, 245 communes en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie), et le Centre Social : trouver un moyen d'embellir les halls d'immeubles plutôt que de les laisser gris. Après concertation avec les habitants et les jeunes du quartier, le graff s'est imposé comme une évidence.
Avec Soke, on monte une semaine d'atelier ouvert à tous. Une bande de jeunes plus âgés du quartier nous suit du début à la fin — cinq toiles sur planche peintes ensemble, pensées pour décorer les couloirs des logements. Puis une fresque murale dans la foulée, au cœur du Centre Social : trois visages, trois âges différents, le cycle d'une vie qui résume tout ce qu'on voulait raconter.
Le reste du quartier n'a pas été oublié. D'autres œuvres, disséminées dans La Catte : des mains jointes de couleurs différentes, symbole d'unité ; un joueur de foot en clin d'œil à l'US La Catte, le club local ; une vue aérienne du quartier, comme pour le regarder autrement, de haut, en entier. Rien de choisi au hasard — chaque thème parle autant du quartier que du travail qu'on y a fait.
Au-delà de la peinture, la Mission Locale et les agents municipaux ont profité du projet pour proposer des stages professionnels aux jeunes impliqués, dans le cadre de la politique de la ville et de l'égalité des chances. Un mur repeint, oui — mais aussi une porte ouverte pour certains d'entre eux.
Le jour du vernissage, un des jeunes ayant participé a résumé ça mieux que n'importe quel communiqué : magnifique, on est tellement fiers d'avoir participé à ce projet.